Mes vœux pour 2021 !

Cher.e.s ami.e.s, chers lecteurs et chères lectrices,

Réfléchir aux vœux, c’est parfois se remémorer l’année passée pour penser celle qui arrive. Au cours des douze derniers mois, il n’y a pas eu que de l’inconséquence et du cynisme politique, de la toute puissance financière et un pourvoir vertical sourd et arrogant, des virus et des attentats, une croissance alarmante des inégalités et de la pauvreté, ou encore des sécheresses inquiétantes en raison du dérèglement climatique. Pendant l’année 2020, la conscience et la responsabilité se sont aussi mobilisées pour soutenir les malades,  aider les entreprises en difficultés, faire face aux désastres écologiques, répondre aux appels pour une démocratie plus citoyenne, continuer de bousculer l’establishment européen, faire preuve de solidarité. Sortons des idéologies ou des positions dogmatiques et analysons honnêtement les écueils mais aussi les avancées. S’il y a de nombreuses critiques à émettre face à une idéologie néolibérale, toujours bien présente, dont les adeptes s’apprêteront à défendre leurs idées en force dès que la crise sanitaire sera terminée, enclin à promouvoir une nouvelle cure d’austérité, nous ne pouvons ignorer les étapes franchies, même parfois modestes, pour imaginer un autre avenir, plus collectif, plus citoyen. La mobilisation face à l’article 24 pour défendre la liberté d’expression, les travaux de la Convention Citoyenne pour le Climat ou encore  la mobilisation de l’Etat pour défendre la laïcité illustrent le fait que notre démocratie reste bien vivante, que les élus savent aussi entendre les appels des citoyens.

Alors que la crise sanitaire nous montre de manière évidente les faiblesses de notre institution, nous avons là une opportunité pour émettre des idées concrètes face une réalité douloureuse pour de nombreux français.  A la lumière des défis qui nous attendent,  l’espace démocratique nous donne la possibilité de défendre nos idées. Nombreux sont ceux qui n’y croient plus et se réfugient dans leurs « micro-mondes », déplorant l’existence d’un régime autoritaire, mais c’est oublier que chacun peut décider de participer à la construction de la société de demain, collectivement. L’initiative de la Convention Citoyenne pour le Climat et la mobilisation de plus de 400 listes citoyennes au cours de l’élection municipale de 2020 témoignent de la capacité à préparer un nouveau paradigme, une nouvelle façon de faire de la politique. Ces avancées se heurtent parfois, voire souvent, à l’individualisme, celui qui n’accepte plus la controverse ou le débat, celui qui voit du complot partout où les choses avancent contrairement à ses attentes, celui qui préfère l’entre-soi à la rencontre de l’autre. N’oublions pas que l’individualisme ne peut pas produire une démocratie plus citoyenne ! Si nous souhaitons que le monde se transforme, que nos avis soient pris en compte, que la transition écologique se dessine avec ambition, que notre industrie et notre agriculture soient protégées, que nos systèmes de santé et d’éducation soient préservés et renforcés, que l’Europe devienne un réel espace de démocratie, il nous faudra discuter, partager et débattre. Penser contre soi-même,  parfois être convaincu par l’autre, accepter de ne pas gagner à tous les coups, c’est aussi cela la démocratie.

Je fais donc le vœux pour que l’année 2021 soit une année de construction collective, amenuisant les guerres d’égos, afin que nous puissions imaginer le futur plus sereinement, en cessant de voir dans les positions de l’autre une attaque contre soi. Les imaginaires, les cultures, les pensées et les croyances sont multiples dans notre pays. Nous n’arriverons à faire corps qu’en acceptant de travailler ensemble et de vivre la démocratie dans toutes les dispositions, la victoire et parfois la défaite.  Même si les raisons de la colère sont innombrables face aux inégalités, à la puissance de certains lobbies ou d’élites, le champs démocratique est ouvert, rien n’empêche de le saisir. Les élections présidentielles de 2022 approchent, cette période sera sans doute charnière. Le candidat sortant ou les autres prétendant.e.s ne pourront plus faire de la politique comme avant. Or, c’est parfois, au bord du précipice, que les solutions émergent. Saisissons cette occasion. Chacun d’entre nous, selon ses moyens, ses talents, ses expertises, ses passions, ses idéaux ou ses idéologies, peut investir l’univers politique. Evidemment, c’est très complexe, voire impossible, pour ceux qui n’ont que le temps de survivre, mais charge aux autres de préparer une démocratie où tout le monde aura sa place, où tout le monde pourra bâtir une réalité nouvelle, pas celle de quelques-uns, à laquelle les autres doivent s’adapter, souvent dans la douleur. Une réalité construite ensemble, dans l’écoute et le respect. Je fais donc aussi le vœux que 2021 permette de penser l’évolution de notre démocratie pour qu’elle fasse émerger une société plus juste et plus forte face aux défis à venir.

Est-ce un espoir irréaliste ? Je suis persuadé que non. Les consultations citoyennes lancées par Make.org auprès de 1 333 292 citoyens se veulent rassurantes à ce sujet. Selon les résultats, les consensus qui rassemblent les français sont plus nombreux que les divisions. Même si certains sujets, comme la place du nucléaire, de la 5G ou de la chasse, polarisent les débats, il doit exister des chemins permettant de penser ces questions sur la base des faits et de visions plus que de dogmes, en faisant en sorte que la démocratie gagne à chaque fois. C’est elle qui nous permet de vivre ensemble sans que nous ayons à devenir des êtres homogènes ou téléguidés. Un écologiste et un chasseur n’ont-ils pas plus de choses en commun qu’ils ne le pensent ? Les défenseurs de la planète ne peuvent-ils pas être à la fois pro et anti-nucléaire, et imaginer ensemble une feuille de route dont le seul moteur serait la baisse des émissions de CO2 ? Enfin, l’innovation technologique ne peut-elle pas s’imaginer en mobilisant les esprits libres et novateurs dans le sens de la transition écologique, face à la pénurie future des ressources ? Chaque français, au-delà des divergences, peut offrir ses talents et son potentiel au service  d’un horizon, encore faut-il qu’il soit défini. Alors que nos nations occidentales continuent de vivre aux rythmes des échéances électorales et des directions imposées par le marché et la finance mondialisée, je fais le vœux que l’année 2021 prépare une vision nouvelle pour notre pays et pour l’Europe. Une boussole pour nous guider. Une étoile à suivre. Pour qu’ainsi les routes soient plus faciles à dessiner.

Au-delà de ces espérances pour 2021, je fais bien entendu le vœux que la crise du COVID-19 cesse pour que chacun d’entre nous puisse se reconstruire à la suite de décès, de pertes d’emplois, de faillites d’entreprise, de difficultés financières ou tout simplement la souffrance morale dû à l’isolement, et ainsi imaginer un avenir plus collectif face à la solitude et aux conflits. Vivre plus librement aussi. Vivre à nouveau, en abandonnant les masques, les confinements, les couvre-feux. Vivre à nouveau, avec les restaurants, les théâtres, les cinémas, les concerts, les activités sportives et associatives, les centres-villes et leurs commerces. Si le début de l’année ne présage pas encore de sortie de crise et, au contraire, laisse planer des doutes, des incertitudes, voire même de nouvelles difficultés, les vœux sont là pour chasser les mauvaises nouvelles, pour faire naître des espérances et, peut-être, surtout, pour poser une intention forte et engageante.

Je profite de ces vœux collectifs pour vous souhaitez à chacun d’entre vous une très belle année ainsi que pour vos proches !

Ludovic Deblois

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