Les étudiants doivent être formés à penser et non à croire…

Nathalie Heinich, sociologue au CNRS, s’est plaint sur France Inter d’un manque d’autonomie de la science. Elle évoque même une guerre contre ceux qui utilisent la recherche pour mener leur combat politique. Selon elle, il existerait une prédominance de l’idéologique sur le travail scientifique au sein d’un grand nombre d’universités.

Si l’ampleur du phénomène décrit par Nathalie Heinich se confirme par les chiffres et les faits, la question de l’autonomie deviendra clé dans notre façon de penser l’université du 21ème siècle, dans le public comme dans le privé. L’université ne peut devenir uniquement un véhicule idéologique, comme c’est le cas dans certains instituts politisés, sans quoi, nous remettons en cause également l’autonomie des étudiants qui doivent être formés à penser et non à croire. L’université a la mission de réunir des compétences sur des projets et non des croyants sur des missions militantes.

Tout comme l’urgence d’une plus grande autonomie des médias, vis à vis des pouvoirs politiques ou des mastodontes privés, l’autonomie des universitaires doit alors être au cœur de nos réflexions sur la formation des futures générations. Cette autonomie sera essentielle pour que la recherche continue de progresser indépendamment des positions militantes voire dogmatiques. Même si, comme dans le journalisme, l’objectivité totale des chercheurs serait un leurre, elle doit être une cible à garder à l’esprit.

Il est donc urgent de diagnostiquer l’ampleur des propos de Nathalie Heinich et, le cas échéant, si elle a raison, d’apporter des réponses rapides. L’autonomie des enfants, puis des étudiants, est notre principale garantie de voir grandir la démocratie dans un sens plus participatif et plus citoyen, la seule qui permette que notre pays évolue dans l’intérêt de tous.

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