Tours jumelles. Charlie. Bataclan. Nice. Covid-19. Samuel Paty. Drame climatique. La liste est incomplète.
Comme un clou ratatiné sous le poids du marteau, nous nous sommes affaissés sous l’effet de chocs successifs, traumatisants, qui ont trop souvent frappé nos sociétés.
Inconsciemment — ou non — nous avons peur. Alors, comme un parent endeuillé par la disparition d’un enfant, incapable de retrouver le chemin de la vie, nous glissons, peu à peu, vers l’obscurité.
Erasmus, droit du sol, juif, musulman, étranger, globalisation, droit international, altérité, solidarité… autant de mots qui résonnent désormais comme des perturbateurs, au lieu de demeurer des sources d’enrichissement.
Nous oublions que seule la lumière peut nous guérir. Et nous écoutons ceux qui nous disent que l’autre est le problème : le chômeur, l’entrepreneur, l’étranger, le fonctionnaire.
Nous oublions que la lumière se conquiert à force de courage, en transcendant les épreuves par des solutions audacieuses. Nous oublions de croire en l’altérité — celle qui construit.
Nous oublions que notre interdépendance nous oblige à discerner, derrière la complexité du monde, les transformations à initier, aussi douloureuses soient-elles.
Et nous devenons, lentement, des endeuillés transis, renonçant à rêver un avenir meilleur. Alors… que faire ? Accepter. Et renaître.