Des pensées qui traversent, une fulgurance, un regard sur le monde. Un désir de partager.
“L’écriture est mon remède
contre l’impermanence
des choses.”
Devenir qui l’on veut être est une lutte incessante contre un mensonge : celui de croire qu’il faut embellir l’image que l’on a de soi, alors qu’il faudrait d’abord simplement être soi. Le problème : on ne se découvre qu’au fil des adversités venant ébranler nos certitudes.
De plus en plus, quand les vérités scientifiques dérangent, les chercheurs sont accusés d’idéologie. À l’inverse, quand elles séduisent, elles nourrissent de nouvelles idéologies que le monde embrasse sans en maîtriser les conséquences.
Je n’apprécie l’extrême fatigue qu’en fin de journée, lorsque, avant de me coucher, incapable de réfléchir, j’ai l’impression que le temps s’est arrêté et que je peux toucher l’univers.
Si nous autorisons l’IA à devenir autre chose qu’un assistant, alors nous vivrons dans l’illusion : l’illusion de savoir lire, écrire, dessiner et tant d’autres choses ; l’illusion d’acquérir un savoir-faire que nous ne maîtrisons pas ; l’illusion d’être ce que nous ne sommes pas, tout simplement. Je pense que c’est dans le perfectionnement que l’on s’accomplit, que l’on trouve du sens. La supervision de tâches superficielles risquerait, peu à peu, de nous effacer de nous-mêmes.
On me demande souvent si l’écriture est une passion. Je réponds que je me vois plutôt comme un artisan qui a trouvé le sel de sa vie dans l’écriture. Mon esprit et mon corps sont happés et s’y consacrent, sans retour possible, tels un train lancé sur une voie ferrée, projeté vers un univers aux frontières inconnues.
Quand les ronronnements du frigidaire parviennent à mes oreilles, je sais que la journée est terminée et que j’ai quelques minutes pour plonger dans les limbes de mon esprit.