ls passent d’une frontière à l’autre sans rechigner, embrassant tous les paysages sans juger ni comparer. Ils observent, tels des veilleurs éphémères, soucieux de voir la vie perdurer sur Terre.
ls vivent leurs émotions sans sourciller — passant du rire aux larmes sans gêne, de la colère à l’apaisement sans scrupule, de l’agression au pardon sans hésitation.
Ils aiment les reliefs autant que les plaines, la vitesse autant que la lenteur, la contemplation autant que la démesure.
Ils acceptent de n’exister qu’un temps, et s’enivrent, tels des planeurs sans passager, de la musique du vent.
Les nuages épousent toutes les formes — de la plus prodigieuse à la plus insignifiante, de la plus gigantesque à la plus minuscule — sans que cela les empêche d’avancer groupés, en essaim désordonné, comme si la perfection pouvait naître du chaos.
Ils semblent se moquer des puzzles, flirtant toujours sans jamais fusionner. Les nuages sont si particuliers que les décrire donne le vertige, comme une rencontre soudaine et bouleversante qui fait naître des chatouillis dans le ventre.
Ils brisent la monotonie de l’azur et ses silences. Ils font vibrer la voûte céleste, comme s’ils souhaitaient jouer leur propre partition dans la Création. Les nuages font pleurer, mais aussi rêver.
Ils donnent envie de s’allier à leur voyage, de s’approprier leur sérénité. Tels des éléphants blancs, volants et difformes, ils semblent nous indiquer un chemin — celui du courant, celui de l’instant présent.