Des pensées qui traversent, une fulgurance, un regard sur le monde. Un désir de partager.
“L’écriture est mon remède
contre l’impermanence
des choses.”
J’ai parcouru le monde pour répondre à l’appel du large, à ma soif de l’autre. J’ai croisé tant de regards. Des regards familiers. Des regards qui clamaient haut et fort : « Je suis heureux de te rencontrer, toi l’ami lointain, le frère d’âme. Alors remplissons nos cœurs de cette joie spontanée, qui a la saveur des retrouvailles — comme si nous avions grandi ensemble.
Mes joues frémissent sous le vent frais. Le soleil brûle par endroit. J’entends la vie dans les bruissements gais du ruisseau. De fines couches de glace tanguent. Je soupire, immobile. Je regarde vers le ciel. Qui sommes-nous ? Suis-je d’ici ou d’ailleurs ?L’univers paraît si loin et si proche à la fois. Mes doigts caressent un tapis de mousse humide. La terre se mêle de mes affaires. Mes pieds glissent dans l’eau. Mes orteils me content une histoire. Ressens me disent-elles !
Parfois, quand j’écris, j’ai l’impression d’être un flipper. Les mots ricochent en moi, éveillent des sensations, qui deviennent la promesse des phrases à venir.
L’écriture est mon remède à l’impermanence des choses.
J’aime cette confession de Martin Eden sous la plume de Jack London :
“J’ai parfois l’impression que le monde, la vie, tout… a élu domicile en moi et réclame à corps et à cri que je m’en fasse le porte-parole.”
Ce ressenti m’est profondément familier. C’est l’une des raisons pour lesquelles j’écris.
Au printemps, en Provence, les champs de céréales dessinent des lacs verdoyants et chatoyants. Les épis anarchiques, fléchissant sous le vent, forment des vaguelettes éphémères, aussi fragiles que la récolte promise, qui adoucissent nos regards avant le règne estival du soleil tout-puissant.